Laveran est né le 18 juin 1845 à Paris, au coeur du Quartier Latin, tout près du Val-de-Grâce, où son père, médecin militaire et professeur, occupait la chaire des "maladies et épidémies aux armées".
Après avoir fait ses études classiques au collège Sainte Barbe, puis au lycée Louis le Grand, le jeune Laveran intègre en 1863 l´école du Service de Santé Militaire de Strasbourg. Nommé interne des hôpitaux en 1866, il soutient en 1868 sa thèse de doctorat et rejoint aussitôt l´Ecole de Val-de-Grâce.
A lissue en 1869, il est affecté à l´armée de l´Est et participe aux combats de Gravelotte puis au siège et à la capitulation de Metz. Après la capitulation de Paris, il reprend en mars 1871 son poste à l´hôpital Saint Martin où il soigne les blessés lors de l´insurrection de la Commune.
Affecté en 1873 au 10e Hussard à Pontivy, Laveran prépare l´agrégation du Val-de-Grâce qu´il obtient l´année suivante en compagnie de Lereboullet et Lacassagne (c´est la célèbre promotion des 3 a). Jeune agrégé du Val-de-Grâce dans la chaire inaugurée par son père, il écrit non seulement un traité d´épidémiologie militaire, mais l´édite également en 1879, en collaboration avec le professeur J. Teissier de Lyon, un ouvrage de médecine interne fort prisé à l´époque.
En 1878, son temps d´agrégation terminé, Laveran est affectée aux hôpitaux de la division Constantine, et successivement à ceux de Bône, Biskra et Constantine, où il est promu en 1879, médecin major de 1° classe. C´est la Constantine, en 1880, que Laveran décrit dans le rang d´un soldat paludéen, des corps sphériques pigmentés identifiés à l´hématozoaire du paludisme, découverte fondamentale aussitôt rapportée à l´Académie de Médecine et à l´académie des Sciences. En 1882, en Italie il retrouve les mêmes éléments parasitaires chez les paludéens de la campagne romaine.
En 1884, et pendant 10 ans, Laveran devient au Val-de-Grâce le quatrième titulaire de la chaire "d´hygiène militaire". Durant cette période, le professeur Laveran développe un vaste programme d´enseignement pratique et écrit un remarquable traité d´hygiène. Elu à l´Académie Nationale de Médecine en 1893, puis à l´Académie des Sciences, il reçoit la médaille de Jenner décernée par la société Epidémilogique de Londres.
Aprés avoir été promu Médecin Principal, Laveran arrivé au terme de son mandat professoral, demande une affectation proche de Paris, lui permettant dans nuire à ses fontions médico-militaires, de poursuivre ses recherches. Les autorités hiérarchiques de l´époque, prenant ombrage de sa notoriété scientifique, au lieu de répondre à cette légitime attente, confient à Laveran la chefferie de l´hôpital de Lille puis la direction du Service de Santé du XIe corps d´Armée de Nantes. Privé d´un service hospitalier susceptible d´alimenter ses recherches et d´un laboratoire pour les mettre en oeuvre, l´illustre savant demande à regrets et obtient en 1886, à 50 ans, sa mise à la retraite du Service de Santé de l´Armée. Ducloux et Roux l´accuillent alors à l´institut Pasteur et débute alors pour ce prestigieux chercheur, une deuxième carrière pastorienne toute consacrée à la médecine parasitaire. La transmission de l´hématozoaire par la moustique étant finalement admise, Laveran s´implique fortement dans la lutte antimoustiques mais il consacre aussi des travaux essentiels aux trypanosomes et aux leishmanies.
C´est en 1907, que l´institut royal Carolin de Stockholm décerne à Alphonse Laveran le prix Nobel de physiologie et de médecine pour l´ensemble de ses travaux sur le rôle des protozoaires comme agents infectieux. Le montant du prix sera utilisé pour l´installation à l´institut Pasteur d´un laboratoire "des maladies tropicales" où désormais vont converger du monde entier les observations faites en parasitologie humaine. Jusqu´à sa mort en 1922, Laveran continuera ses recherches à l´institut Pasteur.
Savant de renommée mondiale, admirable ouvrier de la science, Alphonse LAVERAN a laissé le souvenir d´un Médecin et d´un Officier de haute valeur morale. D´un abord froid, peu disert, mesuré, prudent, juste et bon, il alliait la réserve conjuguée de l´homme des Flandres et de la Lorraine. Totalement désintéressé, d´une indépendance morale absolue, il est allé, étranger à l´opinion des autres, jusqu´au bout de la voie de chercheur qu´il était tracée.
Des lieux, des monuments, des rues, des villages, portent, le nom de Laveran.
L´hôpital d´instruction des armées de Marseille a repris son nom aprés celui de Constantine fermé le 1° mars 1963.